Et si on partait avec Lili au Brésil ?

Quand Lili Plume m’a contacté il y a quelques mois pour me présenter le livre qu’elle venait était en train de finaliser sur son expatriation au Brésil, je suis allée par curiosité lire les premières pages dévoilées sur son site … j’en ai lu une … puis 2 … et je n’ai pas pu m’arrêter … son style est léger, joyeux, et tellement bien écrit qu’on a juste envie de connaître la suite et ainsi vivre à travers elle son expérience de l’expatriation ! …

Mais patience … avant de vous donner les infos pour vous plonger dans son récit, je vous propose de la découvrir à travers son interview !

  • Expat United : D’où viens-tu ? Depuis combien de temps es-tu expatriée au Brésil ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Moi, c’est Lili Plume, une « femme d’expat » comme on dit. L’une de ces épouses courageuses qui ont quitté leur pays, leur travail, leur famille, leurs amis pour suivre leur conjoint en mission à l’autre bout de la planète ! Enseignante dans la région lyonnaise depuis quinze ans, je vis au Brésil avec mon fils et mon mari depuis maintenant presque deux ans à São José dos Campos, une ville de la taille de Lyon à une heure et quart de São Paulo.

 

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?

« Et si on partait vivre au Brésil… ma chérie ? »

Voilà ce que mon cher et tendre m’a un jour lancé, l’air de rien, alors qu’on buvait une bonne bière en terrasse par un beau jour de printemps 2013. Une simple phrase d’apparence anodine et qui a pourtant eu l’effet d’un tsunami dans ma vie si paisible jusque-là. Ingénieur en plasturgie chez un équipementier automobile, son entreprise lui a proposé un contrat d’expatrié au Brésil. J’ai alors demandé une disponibilité à l’Education Nationale, et après quelques épisodes rocambolesques avant même de partir, toute la famille est enfin arrivée sur le sol brésilien. 

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

Sao Jose dos campos

Notre adaptation dans le pays a été une véritable épopée ! C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé un jour d’écrire un livre. Quelle aventure ! Un changement de climat radical, on est passé de zéro degré à quarante. On ne parlait pas un mot de portugais, langue difficile à comprendre au début avec l’accentuation brésilienne. Des moments de solitude face à des gens qu’on ne comprenait pas et qui ne nous comprenaient pas! Dans une ville où très peu de brésiliens parlent anglais ! Mon mari au travail et mon fils à l’école, j’ai très vite compris, les tous premiers jours, ce que le mot RIEN signifiait: pas d’amis, pas de famille, pas de voiture, pas de téléphone, pas de travail, pas de communication possible… Et puis, grâce à l’école bilingue de mon fils (dans laquelle il s’est d’ailleurs très vite plu), j’ai commencé à faire des connaissances: des mamans brésiliennes, mexicaines, argentines, vénézuéliennes… Grâce à Facebook j’ai découvert le groupe des francophones et des anglophones de la ville. Petit à petit, ma vie sociale a  pris forme… 

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? 

J’ai toujours beaucoup voyagé dans ma vie : Europe, Asie, Amérique du Nord, Afrique du Nord mais jamais en Amérique du Sud. Et c’est ma première expatriation.

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

- Les Brésiliens. Ce sont des gens adorables et accueillants. Il y a une vraie chaleur humaine ici. C’est le pays de l’abraço (l’embrassade chaleureuse), les gens se prennent dans les bras en permanence ! Même les enfants entre eux ! Et ils ne cessent de souhaiter la bienvenue aux étrangers, de leur demander si le pays leur plait (même après deux ans de vie ici) et ne sont jamais avares en compliments ! Ils adorent les enfants et mon fils est vraiment heureux ici ! Surtout depuis qu’il a découvert le « futebol » qu’il pratique avec une vraie passion ! 

- Les merveilles naturelles. Ce pays est un rêve. Chaque weekend, on peut aller sur une plage différente et à chaque fois plus belle. Des villes coloniales, des déserts de dunes de sable blanc avec des lagons d’un bleu cristallin, des chutes d’eau impressionnantes au milieu de la forêt tropicale. Le climat paradisiaque : très chaud et humide en été. Et en hiver, c’est encore mieux : normalement chaud avec toujours un magnifique ciel bleu.

- Les fruits sont un réel bonheur au Brésil ! Il y en a une quantité astronomique provenant principalement du Nord-Est du pays. Mon préféré est le jus de cajou, ce gros fruit jaune sur lequel pousse la noix de cajou.

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

- Il y a une grande pauvreté au Brésil. Une partie de la population vit dans des conditions précaires, est peu instruite, et la plupart du temps, travaille pour l’autre partie plus riche de la population. Et pour une misère…

- L’insécurité. Une arme est très vite sortie au Brésil. Même si la ville où je vis doit être l’une des plus sûre du pays, (très industrialisée, riche et avec beaucoup d’étrangers expatriés) il faut toujours rester vigilant.

- La corruption à tous les niveaux. En gros, plus on paye, mieux on s’en sort !

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ?

Quand on arrive au Brésil, tout un tas de choses peut poser problèmes. Faire fonctionner son électroménager sachant que les normes électriques varient d’une ville à l’autre ! Se faire comprendre dans les démarches administratives au téléphone pour avoir internet, l’eau, l’électricité…Rien n’est simple. Et le pire : l’administration. Compliquée, payante, des délais interminables…En général il faut payer les services d’un despachante, un « facilitateur » (de la corruption officialisée), pour arriver au bout d’une démarche administrative. Sinon, c’est quasiment impossible…

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ? 

Vivre au Brésil, pour un Français, c’est forcément un choc culturel. Par exemple ici, les gens sont toujours positifs et rien n’est jamais très grave. Comme de chercher sa voiture dans toute la ville pendant trois jours par ce qu’on ne sait pas dans quel garage la remorqueuse a bien pu la déposer ! Où de se faire dérober, sur l’autoroute de São Paulo, tout son électroménager avant même d’avoir été livré. Et face à ces situations qui auraient rendu fou n’importe quel non Brésilien, la phrase qu’on a le plus entendu : « Fica tranquila ! Deixa comigo ! » (Ne vous inquiétez pas, on s’en occupe)

Une phrase qui pourtant,  ici, est le signal clair que rien ne va se régler simplement !

  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

La spécialité locale que je préfère ici est le pão de queijo ! Un beignet de fromage cuit et croustillant ! Un vrai régal. Mon conjoint, lui, est tombé amoureux de la glace à l’açai, très typique au Brésil. C’est un fruit qui ressemble à une myrtille avec le gout du chocolat. On la sert avec des bananes, des céréales, du miel et, parfois même, du dolce de leite (lait concentré). Une bombe calorique absolument délicieuse.

Mais bien sûr la France me manque pour ses croissants, ses baguettes, ses fromages, ses bons vins…

  • EU : Plutôt des amis français, brésiliens, expatriés internationaux ? les brésiliens sont sympas / accueillants?

J’ai beaucoup plus d’amis étrangers, latino-américains et européens, que Brésiliens. Et c’est normal. Même si les autochtones sont accueillants et le cœur sur la main, ils ont leur vie ! Il est donc pour nous beaucoup plus facile de se retrouver entre expatriés à la recherche de nouveaux liens sociaux que d’entrer dans l’univers familial d’un Brésilien. Ça vient dans un second temps ! Comme en France d’ailleurs…

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le plus de France ?

- Le cinéma français

- Les habits plus sobres

- Le second degrés français (Les Brésiliens sont souvent au premier degré et ultra sensibles. Il faut faire attention à ce que l’on dit. Maxime a pu s’en rendre compte au travail où certaines de ses blagues n’étaient pas comprises ou mal interprétées ! Un petit réglage a été nécessaire !)

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le moins de France ?

- Le côté négatif (moi la première) des Français

- Le côté ultra stressé (moi la première) des Français

- La cigarette. Ici les brésiliens fument beaucoup moins.

  • EU : Un lieu insolite au Brésil à partager avec nous ? Quel est ton endroit préféré ?

Un lieu insolite … Paraty, une magnifique ville coloniale au bord de l’océan, un ancien port par où transitait l’or et plus tard, le café, et dont les rues sont inondées à marée haute !

Rio de Janeiro est mon endroit préféré au Brésil. C’est une ville magique pleine de contrastes mais dont on ne se lasse pas…Et la vue au sommet du Pain de Sucre au coucher du soleil doit être l’une des plus belles au monde…

Corcovado

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? de faire un autre pays d’expatriation ?
On est sur le départ, mais on ne sait pas encore pour où. Mais ce qui est sûr, c’est que l’on n’a pas envie de rentrer ! Tous ces efforts pour partir, s’adapter dans un nouvel environnement, l’apprentissage du portugais et de l’anglais pour mon fils, toute cette richesse apportée par l’expatriation, des rencontres, des découvertes…Ce serait dommage de tout arrêter maintenant. On a envie de poursuivre l’aventure de l’expatriation encore quelques années !
  • EU : Depuis quand es-tu inscrite sur www.expatunited.com ? Que cela t’ a t’il apporté ?

J’ai lu quelques beaux témoignages sur expatunited.com. Mais je n’y suis pas depuis longtemps. En tous cas, ça m’a donné envie d’en découvrir plus !

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Mon conseil serait de s’intégrer de manière dynamique: prendre le plus tôt possible des cours de langue pour passer les premières difficultés linguistiques. Créer des liens en rencontrant le maximum de personnes, même françaises, toutes les rencontres sont importantes. Surtout pour le moral!

Et puis ici, il faut vite apprendre à se détendre, changer de rythme…Les problèmes ne se résolvent pas rapidement…c’est une autre philosophie de la vie…

Ensuite, une fois passée la période d’adaptation, il est important  de se trouver un projet de vie! Travailler officiellement au Brésil, pour nous femme d’expatrié, c’est quasiment impossible (surtout en ce moment, en pleine période de crise), alors mon conseil serait de profiter de cette parenthèse pour tenter autre chose et surtout ne pas sombrer dans la déprime. La plupart de mes amies ont une activité maintenant : activités avec des enfants dans des favelas dans le cadre d’associations bénévoles, cours de Français, écriture d’un blog, cuisine et vente de produits français sur les marchés, confection d’habits sur mesure …

Beijo e abraço

 

Bon, allez, maintenant que vous la connaissez mieux, je sais que vosu mourrez d’impatience de lire vosu aussi les premières pages de son livre ! Alors c’est par ici

Vous pouvez retrouver Lili Plume sur Expat United !

Pensez à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous sur cette interview, ça fait toujours plaisir …!! :-D

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