Yacine en quelques chiffres : « 32 ans, 5 pays et 1 livre sur la vie d’expat en afrique ! « 

Il y a quelques mois, j’ai découvert via Expat United que Yacine avait écrit un livre sur la vie d’expat en Afrique. Piquée de curiosité, j’ai souhaité en savoir un peu plus sur son parcours et son livre… et je me suis dit que je n’allais pas garder tout cela pour moi !

J’ai donc plaisir à vous faire partager l’intéressant parcours de ce jeune serial expat qui rêvait de découvrir le monde dès son plus jeune âge !

  • Expat United : D’où viens-tu ? Depuis combien de temps es-tu expatrié en Belgique ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Je suis breton-marocain de 32 ans, exilé loin de mes kouign amann et autres galettes saucisses depuis presque 12 ans, dont 5 à Bruxelles.

Après 5 ans à écumer les ambassades et centres culturels français à l’étranger comme chargé de projets, je travaille désormais comme consultant en communication et copywriter.

 

 

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?

A l’école primaire, devant mon bureau, j’avais accroché une énorme carte du monde. Du coup au lieu de travailler, je passais des heures à rêver devant ces formes géométriques improbables bardées de noms exotiques. Ajoutez à cela les lectures assidues de Corto Maltese et Nicolas Bouvier et vous obtenez un terrain fertile pour la bougeotte dès le plus jeune âge.

Mon premier pays d’expatriation a été la Turquie à l’occasion d’une année d’étude. Je suis toujours parti dans le cadre du travail (ou des études dans le cas de la Turquie).

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

J’ai la chance d’être un homme/ jeune/blanc/célibataire. Pour avoir vécu dans 5 pays (Turquie, USA, Zimbabwe, Honduras, Belgique), j’en suis arrivé à la conclusion que c’était la combinaison gagnante pour une bonne intégration, surtout dans des pays culturellement très différents- non pas qu’elle soit nécessaire, mais elle facilite les choses. Du coup, j’ai toujours eu la chance de m’intégrer facilement dans les divers pays où j’ai vécu. D’autre part, je travaillais dans le secteur culturel, et être intégré afin de comprendre et vivre la culture locale faisait partie de ma mission. Le fait d’être inscrit dans des clubs de sports locaux ou de jouer dans des groupes de musique aide également beaucoup. En Belgique, l’intégration est encore plus aisée, vu la proximité culturelle.

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? 

Non car depuis 2004, j’ai vécu dans 5 pays :
Turquie – Istanbul ; USA –Washington DC ; Zimbabwe- Harare ; Honduras- Tegucigalpa ; et enfin Belgique- Bruxelles.

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

La bonne bière pas chère.

La pluie et le temps pourri en général, qui me rappellent ma Bretagne natale. Après toutes ces années dans des pays tropicaux, quel bonheur !

L’absence totale d’orgueil national des belges par rapport aux français. Un exemple, pendant les jeux olympiques, relais de natation télé belge : « Ah voilà les russes, très forts les russes… les américains, gros favoris, avec Phelps bah oui… les français, très bons également hein… ah ! Et voilà nos p’tits belges ! Haha, si on arrive sur le podium ce sera déjà pas mal ! – Oui, bon, faut pas trop rêver hein… ». Texto.

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

La bonne bière pas chère. C’est traitre et particulièrement dangereux quand vous sortez pour un innocent « petit verre après le boulot ».

La pluie et le temps pourri en général. Franchement y’a des fois…

L’absence total d’orgueil national des belges. Un exemple culinaire : la fricadelle. Bon vous me direz, je n’en mange jamais. Mais quand même…

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ?

La Belgique, ce n’est pas le Zimbabwe. J’ai beau chercher, personellement je ne vois pas. Mais je connais beaucoup de gens qui s’arrachent les cheveux devant l’administration. Beaucoup de jeunes stagiaires des institutions européennes souffrent de calvitie précoce.

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ? 

Le monde des expats à Bruxelles est unique, car centré autour de ce que j’appelle la « Eurobubble », la bulle européenne. On parle donc d’au moins 50 000 expats qui vivent dans cette « ville dans la ville ». Les gens viennent ici pour travailler, pas du tout pour le charme du pays –ou son climat. Le taux de costard/cravate au mètre carré est unique en Europe et la moyenne de langue parlée couramment par personne est de 3,7. Ce qui produit au final une sorte de cirque permanent, extrêmement intéressant à observer. J’en ai d’ailleurs fait une websérie, « Eurobubble », disponible sur youtube. Un exemple concret ? Les cocktails et les conférences.

  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

Les seuls moments où la France m’a manqué furent au Zimbabwe, où tel une femme enceinte, je me suis trouvé deux ou trois fois subitement assailli par une cruelle envie de pain/camembert/vin rouge.

Autrement, j’ai tendance à manger local. Ma spécialité culinaire préférée, que j’ai déjà eu l’occasion de mentionner auparavant, est la bière locale, brune, forte, allez, on va dire la Carmélite Triple.

  • EU : Plutôt des amis français, belges, expatriés internationaux ? les belges sont sympas / accueillants?

Un peu de tout. Les belges sont adorables, très sympa, pas du genre stressés. Du tout. Duuuu tout.

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le plus de France ?

Franchement, rien. J’adore revenir en France, manger français etc, mais ça ne me manque pas.

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Une seule à vrai dire : la culture du travail qui ne favorise pas l’entreprenariat, et un certain immobilisme.

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? de faire un autre pays d’expatriation ?

Et bien pour l’instant, je suis en Belgique, mes projets sont ici et je suis entouré de gens vraiment super. D’autre part, j’ai l’occasion de voyager pour mon travail, ce qui est bien agréable. Maintenant qui sait de quoi l’avenir sera fait !

  • EU : Vous avez écrit un livre sur l’expatriation ? Comment t’est venu cette idée d’écrire un livre ? de quoi parle t’il ?

Ce livre s’intitule « Expats, chroniques (pas) diplomatiques »*. C’est une vision satyrique de la vie des expats en Afrique, en ambassade de France, basé sur mon expérience. J’avais écrit un court texte à ce sujet après ma mission, qui avait été censuré par le ministère, avec Télégramme Diplomatique à mon sujet. Du coup je me suis dit que ça valait le coup de développer le sujet…

* Ndlr : 2,99€ en format Kindle et que des avis positifs … alors ne vous privez pas de cette bonne lecture !

  • EU : Depuis quand es-tu inscrit sur www.expatunited.com ? Que cela t’ a t’il apporté ?

Je suis inscrit depuis un mois environ, et je suis principalement allé sur le site pour lire des témoignages, notamment dans la partie « Communauté ». ll est toujours intéressant de lire le point de vue des gens sur leur pays d’accueil.

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Bruxelles, ce n’est pas sexy. Par contre, c’est chaleureux, très bien situé, pas cher, multiculturel, et au final très sympa. C’est simple : c’est la capitale des expatriés en Europe. Donc venez, vous serez bien accueilli !

Vous pouvez retrouver Yacine sur Expat United !

Pensez à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous sur cette interview, ça fait toujours plaisir …!! :-D

Vous êtes expatrié en Belgique ou projetez de vous y installer ? Rejoignez la communauté des expatriés français de votre pays d’accueil sur www.expatunited.com, le site 100% gratuit dédié aux français à l’étranger !

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