Du blog d’expatriée au roman, New York couleur talent !

Meriem est une expatriée à New York que nous suivons à travers son blog depuis longtemps chez Expat United… on adore son écriture, sa manière de nous plonger dans sa vie d’expatriée, ses émotions, ses coups de coeurs… Cet article relayé sur ce blog au sujet de « la solitude, un tabou de l’expatriation » avait d’ailleurs suscité de nombreux commentaires de votre part, car c’est un sujet peu souvent abordé ! Perso, on a aussi un gros coup de coeur pour sa lettre d’amour « PS I Love You »

Du blog, Meriem est donc passé à la fiction, en écrivant son roman « New York couleur Lila », et nous on a juste envie de lui dire « bravo » ! Bravo d’être allée au bout de son rêve avec Lila ! …

Nous vous conseillons d’autant plus son livre que les expatriés se reconnaitront dans le récit de cette jeune femme, Lila, qui remporte la green card et débarque à NYC des paillettes plein les yeux, pensant trouver une ville comme dans les séries qu’elle dévore… raté, cela ne va pas se passer exactement comme dans ses rêves !

Elle retranscrit bien d’ailleurs dans son livre les émotions qui sont souvent inhérentes à l’expatriation : les joies, les désillusions, les différences culturelles, le décalage avec les amis restés en France, la solitude, les défis professionnels…

Enfin, « New York Couleur Lila », c’est un peu « New York comme si on y était »… sauf qu’on refermant le livre à la dernière page, on a qu’une envie, c’est d’y être vraiment ! ;-)

Alors nous sommes très heureux aujourd’hui de vous faire découvrir qui se cache derrière cette talentueuse plume au travers de son interview

  • Expat United : D’où viens-tu ? Combien de temps as-tu été expatriée aux Etats-Unis ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Je viens de Boulogne dans le 92, et j’ai vécu à New York pendant 3 ans. Je vivais à Fort Greene, Brooklyn, et je travaillais, d’abord à Jersey City puis mon bureau a été déplacé à Soho. J’ai commencé par un VIE puis un contrat d’expat pour la chaîne TRACE TV. Je gérais leur bureau US, avec comme angle de développement la production de contenu, le digital et la distribution.

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?

Je suis partie seule. Avant de partir vivre à NYC j’ai fait un PVT à Montréal. Ça aide. Ça m’a donné une meilleure compréhension de la culture nord-américaine, même si on est d’accord, MTL / NYC, c’est très différent. Mais ça m’a vraiment permis de mieux appréhender l’Amérique. Une super transition entre Paris et New York. J’ai ensuite passé un été à New York et j’ai voulu poursuivre l’aventure, j’ai donc cherché une boîte qui pouvait être intéressée à l’idée de développer un bureau à NYC. J’ai trouvé rapidement et on a construit le dossier en 6 mois. Visa en poche je suis partie en janvier 2009 ; j’ai vécu là-bas jusqu’à fin 2011.

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

J’avais passé un été à NYC et fait de belles rencontres mais de retour six mois plus tard, quasiment tous mes contacts étaient partis, eux aussi de passage pour l’été. Je suis repartie de zéro. Ça n’a pas été évident, mais finalement, tout le monde à un pote à NYC et c’est ainsi, au fur et à mesure, que j’ai rencontré des gens via des amis d’amis, puis via le travail, et enfin, via les rencontres des French Geeks. Côté installation, c’est beaucoup plus simple qu’en France, j’ai posté une annonce de recherche d’appart sur Craigslist et j’ai été contactée par une proprio qui aimait mon profil. Ça joue en notre avantage d’écrire qu’on est Français. On a la réputation de bien entretenir les apparts à priori ! Du coup, bail signé, caution et premier loyer en cash. Tout s’est bien passé. J’avais vécu à Bed Stuy quelques temps avant de m’installer à Fort Greene. J’ai assez vite repéré les endroits qui allaient devenir mes spots : supermarché, café, resto mexicain, Target, nail salon, Marshall’s, gym, cinéma, etc. La vie de quartier à Fort Greene était magique. Du coup l’intégration est passée crème car j’adorais l’appart, l’immeuble et le quartier dans lequel j’habitais. Ça aide !

  • EU : 3 choses que tu adores aux Etats-Unis ?

La liberté. Une liberté tellement rafraichissante. Personne ne se juge à New York et tout le monde s’exprime d’une manière créative, par la mode, l’art, la musique, l’écriture. Je sais pas, New York c’est un fourmillement d’inspiration hors norme, qui découle à mon sens de la grande liberté qui y règne.

L’énergie. Une énergie devenue quasi essentielle. Je retourne prendre un shot de motivation made in USA tous les 6 mois tellement l’énergie qui y règne est riche et stimulante. On a l’impression qu’on peut conquérir le monde, que tout est possible. Ça nous pousse à être meilleur. A ne pas se contenter. A ne pas s’endormir dans un confort trop confortable. Ça te met un coup de pied aux fesses et te force à aller toujours de l’avant. C’est fatiguant d’un côté, mais tant qu’on est dedans, on s’en rend pas compte. C’est en prenant du recul en Europe que j’ai réalisé à quel point j’étais à 1000 à l’heure là-bas.

Le shopping. C’est cliché mais c’est vrai. Tout est toujours en solde et du coup on se retrouve à faire de bonnes affaires tout le temps. Je crois que je n’ai quasiment jamais rien acheté au prix fort pendant mes 3 ans à New York ! Et j’ai dégoté de supers Jordan 1 comme des vestes de créateurs que je garderai probablement toute ma vie. Mais jamais au prix fort ! New York style quoi.

  • EU : 3 choses que tu détestes aux Etats-Unis ?

Le dollar tout puissant. Toute la société est régit par ce bout de papier. Le dollar. Tout tourne autour. Du sourire du serveur, à la rapidité avec laquelle on va t’aider à résoudre un problème. Tout en découle. Et c’est déstabilisant. L’humain devient secondaire. Le bonheur aussi presque. Du coup les New-Yorkais oublient de vivre, de prendre le temps, de profiter, de voir leur famille, juste pour faire plus d’argent, toujours plus d’argent… Berk.

Les relations biaisées. Les gens s’intéressent plus à ce que tu fais qu’à qui tu es. C’est très facile de se créer un cercle de connaissances superficiel mais pour rencontrer de « vrais » gens, c’est une aventure de longue haleine… Heureusement, avec le temps, on découvre des perles. J’ai construit un noyau dur à New York. Des gens avec qui je resterai proche pour les années à venir sans aucun doute.

La bouffe. Ai-je besoin d’en rajouter ? Les aliments sans saveur, le gras, la friture, la cannelle. Trop peu pour moi. Je faisais mes courses chez Trader Joe (enseigne équitable) et me cuisinais quasi tout car je n’aimais pas leurs plats. Après, oui, y’a d’excellents restos, mais on trouve bien plus d’horreurs que de bonnes surprises !

  • EU : A quelles difficultés as-tu été le plus confronté ?

J’ai trouvé ça difficile humainement, le tout accompagné de grands moments de solitude ! J’ai cru comprendre, vues les réactions à mon post sur le sujet que c’était un trait commun à tous les expats ! Et plus généralement, faut être vraiment solide parce que New York essouffle, éprouve émotionnellement les gens qui y vivent, surtout quand on vient seul. Financièrement, il faut aussi vraiment bien gagner sa vie pour être l’esprit tranquille. La facture monte vite. Et vu que c’est le pays du dollar, sans argent tu n’es plus. Cet article est très intéressant d’ailleurs, pour ceux qui comprennent l’anglais.

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ? 

Y’en a tellement. J’avais dédié un post à cette question… Voilà comment ça commençait : « Déjà un an à New York. Alors après en avoir passés plus de 20 à Paris, les différences m’ont, dans un premier temps sautées aux yeux. Pourtant, vu qu’on a grandi biberonnés à la culture américaine via notre petit écran, on pense que New York n’a pas de secret pour nous. Tadam… Raté. Tu savais que les Américains bouffaient du bacon le matin, oui, merci Brandon & Brenda, Miss Fran, Al Bundi et autres amis d’Outre Atlantique, mais savais-tu que mes makis saumon/avocat n’ont plus la même saveur parce que les Américains ne connaissent pas la sauce sucrée chez le japonais? Non hein ! Qu’il n’y a jamais de poivre sur la table au resto mais qu’on vient te le rajouter dans ton assiette à la demande « Fresh pepper ? », que tu ne peux pas sortir dans un bar si tu n’as pas 21 ans, pièce d’identité à l’appui, que les voitures sont tellement grosses que quand un Américain voit une Smart dans la rue (y’en a genre 8 à New York), il s’arrête, la prend en photo, la montre du doigt et rigole tout seul, ou bien que Lacoste c’était la classe ultime ? La liste et longue, sans prétention et surtout non exhaustive. Alors voilà, je vous montre mes différences culturelles, celles qui me marquent encore aujourd’hui, celles qui vont plus loin que les comparaisons touristiques. Celles qu’on ressent quand on vit ici. » La suite est .

 

  • EU : Côté culinaire ? La France te manquait-elle ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

Ca me manquait oui. Ils ont les papilles flinguées à New York à force de manger des choses aussi mauvaises. Mais bon, on s’habitue et je cuisinais souvent mes propres plats. Dehors, j’ai beaucoup mangé thaï, mexicain et français. J’adore le Spice Market, un resto asian fusion dans le Meatpacking district, ou AOC dans West Village, un resto français tout simple mais plein de saveurs. Le top c’était Westville vers East Village. Bref, vu la diversité de New York, au final, tout le monde y trouve son compte culinairement parlant !

  • EU : Plutôt des amis français, américains, expatriés internationaux ? les américains sont sympas / accueillants?

J’avais plutôt des amis d’origines étrangères mais Américains, et évidemment des Français, même si au début je les fuyais. J’ai toujours trouvé les Américains accueillants, gentils, etc. Après, c’est souvent superficiel, mais quand on a compris ça, on arrête d’attendre en vain leur coup de fil quand ils te disent « Ok, I’ll see you soon ! ». C’est un jeu. Faut juste en comprendre les règles…

  • Expat United : Un lieu insolite à New York à partager avec nous ? Quel est ton endroit préféré ?

Je n’ai pas d’endroit préféré si ce n’est mon quartier, Fort Greene… C’est l’endroit que je préfère à New York. Un quartier à découvrir pour ceux qui ne jurent que par Manhattan !

ndlr : voici l’article de son blog qui vous donnera aussi envie de connaître Fort Greene ;-)

« Fort Greene »

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? de faire un autre pays d’expatriation ?

J’adore Miami. J’y vais assez souvent et si je dois retourner vivre quelques temps aux US, ce sera là-bas. Ou L.A. Mais au soleil cette fois. Exit les -20° et les tempêtes de neige !

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Le plus simple c’est d’être étudiant et je partir faire un stage de 3 / 6 mois ou un semestre dans une université new-yorkaise. Les papiers sont faciles à faire, et c’est idéal pour se faire repérer par une boîte et négocier un visa derrière. Sinon, venir 3 mois sur visa touriste avec des sous de côté et se laisser vivre pour voir si la ville correspond aux attentes qu’on s’en fait est aussi une excellente façon de tester New York. Y venir une semaine et tomber amoureux de la Grosse Pomme, on y est tous passés. Y rester trois mois et toujours avoir envie d’y vivre, là c’est différent. Si c’est le cas, ça vaut peut être le coup de tenter de s’y installer. Mais sans job, pas de visa, et sans visa, pas de job. Aussi, je conseille fortement de tenter l’installation « aventurière » avant 30 ans. New York c’est génial entre 20 et 30 ans, quand on a encore la patience et l’énergie de galérer et suer comme il faut pour y faire son trou. Passé 30 ans, le hustle new-yorkais, c’est pas idéal.

  • EU : Qu’est-ce qui t’as donné l’envie d’écrire ton roman « New York couleur Lila » ? Quelles ont été tes démarches pour l’écrire puis le publier ? 

J’ai tenu mon blog, thetravelingirl.fr, tout le long de mon expatriation new yorkaise. Régulièrement, des lecteurs me disaient que je devrais écrire un livre. L’idée m’a trottée dans la tête, j’ai drafté un synopsis, j’ai pris des cours d’écriture du voyage à NYU, j’ai rencontré Layla Demay, la directrice de collection des Pintades, qui m’a aiguillé, et à mon retour en France je me suis inscrite en master d’édition en parallèle de mon job. Du coup, j’ai appris énormément de choses sur le business du livre et j’ai fini mon ouvrage pendant mon année de master. J’ai ensuite fait relire le roman, je l’ai mis en page et je l’ai publié sur les plateformes de téléchargement. C’est assez facile quand on connaît le marché et les démarches. Mais ça prend du temps ! Le livre est sorti depuis un mois et ça marche plutôt bien ! C’est génial ! New York fascine donc je m’attaque à un thème facile, mais la nouveauté c’est que c’est le premier roman chick lit’ en français qui se passe à New York. Habituellement on n’a que des traductions d’auteures américaines. Là, c’est du frais en français. Un regard différent sur la société et la vie new-yorkaise.

  • EU : Est-ce un roman autobiographique ?

Ce n’est pas un roman autobiographique non, mais il s’inspire de beaucoup d’anecdotes vécues, c’est sûr ! Ma vie, vous la connaissez puisqu’elle est sur le blog… Donc non, je n’ai pas gagné la green card, je n’ai pas de frère, je n’ai pas été assistante de prod… Bref, c’est de la fiction, inspiré d’aventures américaines vécues… Voilà !

Ndlr : On ne saura donc jamais si Kelly est aussi beau que tu le dis ? et on ne verra pas non plus ta photo déguisée en pocahontas ? :-) Grrrrrrrr…. :-)

  • EU : Pour quand le Tome N°2 des aventures de Lila ? 

J’attends encore de voir comment le 1er volet marche. Si j’atteins les 1000 rapidement, j’attaque le 2 et je démarche des éditeurs ! Mais les résultats sont super encourageants et les retours vraiment bons. Donc espérons que le livre fasse son bout de chemin !

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Merci Meriem ! On te souhaite beaucoup de réussite ! 

N’hésitez pas à télécharger son livre, il est dispo dans beaucoup de pays et vous fera à coup sûr passer un bon moment (et en plus il ne fera pas trop mal à votre porte monnaie car il coûte moins de 2 €!)

Livre disponible sur iBooks, Kindle, Google Play ou Kobo

Vous êtes nombreux les expatriés à bloguer … alors, avez vous déjà eu l’envie de passer le cap et d’écrire vous aussi un livre ? N’hésitez pas à réagir en commentaires !

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