Bilinguisme et expatriation


Avec l’expatriation se pose bien évidemment la question de l’apprentissage de la langue locale… pour soi mais surtout le plus souvent pour ses enfants … et du coup du maintien de la langue française aussi !

Le blog Romain in New York aborde le sujet sur la base d’une conférence réalisée sur le sujet par le Lycée Français de New York. et nous fait part de sa propre expérience du bilinguisme.

On vous laisse donc découvrir cet article très intéressant, et nous faire part de votre propre expérience en commentaires !

Vos enfants sont-ils bilingues ? Vont-ils dans une école américaine ou bilingue ? Et vous, êtes-vous bilingues ? Combien de temps faut-il avant d’être bilingue ? Voici des questions que l’on me pose très fréquemment sur le blog.

Très intéressée par le sujet du bilinguisme, j’ai assisté il y a quelques semaines à une journée de conférence sur le sujet et j’aimerais vous faire partager les enseignements que j’ai retenu.

Mais d’abord, pour satisfaire votre curiosité, les réponses à vos questions sur notre situation par rapport au bilinguisme :

  • Romain a débarqué à New York à 2 ans sans parler un mot d’anglais mais maitrisant déjà pas mal le français pour son âge. Pour l’entrée à la crèche/maternelle quelques mois après notre arrivée, on lui avait appris le minimum nécessaire : eat, drink, bathroom … Au bout de quelques mois, il avait tout le vocabulaire nécessaire, mais nous avons dû attendre plusieurs mois voire un an avant qu’il ne parle anglais devant nous. Dès que nous arrivions à l’école, c’était bouche cousue. Aujourd’hui, Romain est plus qu’à l’aise en anglais, probablement un peu plus même qu’en français, particulièrement à l’écrit. Il est dans une école publique américaine sans programme bilingue. Pour maintenir le français, on a tenté les « afterschools », un cours de français pour enfants bilingues après l’école, mais Romain n’était pas passionné, le prenait plutôt comme une contrainte, limite une punition de retourner en classe après la fin de sa journée de cours. Et c’était très contraignant pour nous en termes de logistique. Cette année, on a opté pour l’étudiante francophone qui lui donne des cours deux fois par semaine tout en s’amusant.
  • Austin est dans la phase d’apprentissage des deux langues en parallèle. Comme l’expliquait le professeur Ellen Bialystok lors de la conférence, il n’y a pas de passage d’une langue à l’autre dans le cerveau d’un bilingue, les deux systèmes linguistiques sont toujours actifs. Le bilingue a juste plusieurs façons d’exprimer la même chose et choisira le mot adéquat en fonction du contexte. A l’âge d’Austin (et je l’ai constaté aussi avec Romain au même âge), les phrases sont parfois un joli mélange des deux langues mais c’est que pour l’instant il n’a pas encore acquis le même vocabulaire dans les deux langues et utilise le mot qu’il connait ou le plus facile. Mais Romain en grandissant parle de moins en moins franglais et jongle bien d’une langue à l’autre en fonction de la personne à qui il s’adresse.
  • Quand à nous, peut-on dire qu’on est bilingue ? Sur un CV bien sûr mais nous n’avons pas le niveau de bilinguisme que Romain et Austin ont ou auront. La gymnastique d’une langue à l’autre n’est plus aussi difficile qu’au début mais je pense qu’il nous faudra encore quelques années pour se sentir aussi à l’aise dans les deux langues. A ceux qui me demandent combien de temps il faut avant de bien parler anglais en habitant sur place, je n’ai pas de réponse car tout dépend de votre situation. Pour mon cas personnel, j’ai fait des études de langues donc j’arrivais déjà avec des atouts. Ensuite, je travaille uniquement avec des américains. Nos deux garçons sont scolarisés dans des établissements américains, encore une occasion de développer son vocabulaire.

Le Lycée Français de New York a organisé il y a quelques semaines une conférence intitulée « Living with two languages » avec 3 panels. Le 1er était axe le langage et le cerveau, le 2eme sur l’école et le 3eme sur le manger bilingue. Je vous conseille vivement d’aller écouter ces conférences ici.

J’ai beaucoup aimé le 1er panel et particulièrement l’intervention du Professeur Ellen Bialystok au début de la conférence avec une présentation de résultats d’études scientifiques sur le cerveau des bilingues.

Ce qui a particulièrement retenu mon attention dans ce 1er panel :

  • Les bilingues sont plus doués que les monolingues pour le « multitasking » (faire plusieurs choses en même temps).
  • Les bilingues ont une meilleure résistance à la maladie d’Alzheimer. Ils peuvent contracter la maladie mais cela arrive plus tardivement et le développement est moins rapide. Un article du NY Times ici sur le sujet.
  • L’apprentissage d’une langue est plus facile avant l’âge de 7 ans, et à la puberté il y a une grosse baisse des facilités.
  • Aucun lien avec le bilinguisme mais le sport aide à entretenir notre cerveau.

Le 2eme panel était composé d’enseignants ou de responsables des programmes scolaires bilingues. Je n’ai pas appris des tonnes d’information mais cela m’a conforté dans nos choix d’apprentissage du français :

  • L’apprentissage d’une langue ne doit pas être une contrainte. C’est important que cela passe par le jeu, le plaisir, la prise de conscience de l’intérêt de parler français au quotidien … C’est comme cela que nous l’abordons avec Romain. On lui achète des livres en français qui l’amusent à lire et pas des classiques (par exemple les blagues de Toto, des BDs). L’étudiante francophone alterne le cours de grammaire avec le visionnage d’un film ou dessin anime en français ou une partie de baccalauréat.
  • Il faut parler dans sa langue maternelle à l’enfant.

Evidemment, il y a eu pas mal de discussions sur les programmes bilingues. On me pose aussi fréquemment la question sur le système à choisir et la encore je dis cela dépend : vos projets à court/moyen/long terme, le financement ou non de l’école privée bilingue, votre lieu de résidence, le niveau de votre école publique américaine et celui de l’école publique avec programme bilingue etc.

 

Je n’ai pas assisté au 3eme panel sur le Manger Bilingue mais j’ai visionné l’enregistrement. Je suis une fan du livre « French Kids Eat Everything » dont l’auteur Karen Le Billon participait au panel. Cette Canadienne de la partie anglophone (donc très proche des USA en termes d’habitudes alimentaires) a passé un an avec sa famille dans la Bretagne natale de son mari et raconte son expérience par rapport à la nourriture et ses enfants. Très drôle, plein de conseils et de bons rappels sur des principes de base. Je ne peux que vous conseiller la lecture de ce livre surtout si vous avez de jeunes enfants.

Article source : ici

Merci de nous faire part de votre propre expérience du bilinguisme et du maintien du français en commentaires !!! Ca nous intéresse ! :-)