« Permis vacances-travail » : Jeunes, barrez-vous, mais avec le sourire !

Article paru sur Lepoint.fr

Chaque année, 30 000 jeunes Français optent pour cette formule. Les démarches sont faciles, les destinations variées et les souvenirs impérissables.

Comme chaque mois, les chiffres du chômage vont tomber. Comme chaque fois, ou presque, celui du chômage des jeunes ira croissant. Un constat déprimant qui pousse même certains forts en gueule à crier « barrez-vous » à la jeunesse de France… sans toutefois lui indiquer la marche à suivre. Mais la classe juvénile n’a point besoin de maîtres à bouger : elle circule déjà hors de nos frontières, et de plus en plus.

En témoigne le succès des « PVT », les permis vacances-travail. Ces accords que la France a signés avec plusieurs pays (*) permettent à plus de 30 000 jeunes de 18 à 30 ans de partir pendant une année. « En 2005, quand j’ai fait mon PVT au Canada, les quotas n’étaient même pas atteints. Aujourd’hui, les 7 000 places sont prises en 2 jours », s’enthousiasme Mathieu Lam, cofondateur d’un réseau social entre « PVTistes ».

Improvisation et découvertes

La formule plaît d’abord parce que ce visa n’est pas conditionné à l’obtention d’un contrat de travail avant le départ. Outre la soif d’aller voir ailleurs, le seul impératif est de disposer d’un fonds de garantie bancaire, soit avoir déjà 2 000 à 4 000 euros en poche selon le pays d’accueil. Malgré la crise, qui n’est pas sans créer des tensions sur les marchés du travail nationaux, toutes les destinations ont des croissances plus élevées qu’en France, le Japon mis à part. L’assurance, ou presque, de trouver un petit boulot, surtout dans les secteurs en pénurie ou pour lesquels le turn-over est élevé.

Ensuite ? « Place à l’improvisation », résume Mathieu Lam. Un état d’esprit que revendique Anne, partie un an « respirer » à Montréal. « C’est zéro contrainte. Mon BTS en poche, je vivais toujours chez mes parents. Je voulais voir le monde au-delà de mon bout de trottoir », se souvient-elle. Une fois sur place, elle bosse aussi bien dans un bar que pour des instituts de sondages. Un chèque par-ci, un pourboire par-là, la recette pour la liberté n’est pas si compliquée.

Pour les cigales comme pour les fourmis

Contrairement aux bourses du type Erasmus qui servent d’abord à étudier en Europe (30 000 départs par an aussi), le PVT donne donc les moyens d’être autonome une fois sur place. Et il est moins élitiste que le volontariat international en entreprise (VIE), qui s’adresse à ceux qui ont déjà un emploi, donc bien souvent aux plus diplômés. Rien à voir avec le procédé « premier arrivé, premier servi » de ce visa spécial jeunes.

Du coup, tous les profils existent. Par exemple, Maud et Maxime sont tous les deux partis en Corée du Sud. Si la première, studieuse, voulait d’abord étudier les subtilités du coréen, le second, plus baroudeur, a préféré sillonner la cambrousse de la péninsule en baragouinant quelques mots. Ils illustrent les deux profils de PVTistes : les fourmis, plus intéressées à l’idée de s’expatrier pour de bon, et les cigales, qui jouissent avant tout de cette parenthèse souvent enchantée.

Retour gagnant

Les plus besogneux comme ceux qui ont préféré chanter tout l’été reviennent dans tous les cas avec de vrais atouts en main : une langue étrangère, quelques lignes glanées sur le CV et des anecdotes en vrac. Il n’y a certes pas de chiffres officiels sur la réinsertion de ces jeunes lors du retour en France, mais Mathieu Lam insiste sur le fait qu’en moyenne « ils retrouvent plus facilement un travail que les autres ».

Tous s’accordent à dire qu’ils y gagnent au moins le virus de la bougeotte. Contrairement à un autre type d’exil centré, lui, sur quelques calculs financiers, le PVT est d’abord un moyen d’approcher l’autre plutôt que de fuir son pays. Comme le dit Sébastien, lui aussi membre de cette famille de globe-trotter après avoir opté pour Australie : « Je ne vois pas de meilleure manière de promouvoir la France que d’aller serrer la main au reste du monde. »

(*) Argentine, Australie, Canada, Corée du Sud, Japon, Singapour (avec quotas) ; Australie et Nouvelle-Zélande (sans quotas).

Lien vers l’article source : Lepoint.fr

 

Source image : pvtistes.net

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