Une expérience touchante au coeur de l’Inde

Cet article est tiré du blog d’Eric Valatini, expatrié en Inde.
Il nous raconte ici une expérience très touchante, mais très enrichissante… loin de la vie d’expatrié … au coeur de la triste réalité de l’Inde.

L’Inde, le bidonville, moi

Aujourd’hui je veux vous raconter une histoire qui m’a touchée.

Vous le savez peut être, je suis localisé en Asie, plus particulièrement en Inde.

Je participe à une association d’éducation d’enfants des « slums » (bidonvilles) dans mon quartier. La philosophie de l’action étant: « en l’éduquant on sort un enfant de la misère et il pourra subvenir aux besoins de sa famille ».

Loin de moi de m’ériger en mère Theresa, ma contribution est modeste. Je donne un cours toutes les 2 semaines de géographie en anglais en les faisant venir dans les locaux de mon entreprise.

Le terme éduquer est bien modeste ici. La priorité est surtout de pallier les manques désespérants du système éducatif public de l’Etat indien. Donc on cherche surtout à leur apprendre l’Anglais, lire, écrire et compter.

Pour cela je me suis rendu avec 5 collègues dans le slum en bas de notre bureau. Nous étions par groupe de 2, j’étais avec une collègue indienne, tout d’abord parce que c’est une femme (et que c’est important de montrer qu’une femme peut travailler et réussir), ensuite parce qu’elle parle hindi.

J’y ai vu énormément de joie dans les yeux des enfants que je connais car je les instruits depuis 1 an. Ils étaient heureux de me montrer leur chez eux, même si leur chez eux est extrêmement modeste et insalubre. L’énergie qui se dégageait d’eux était impressionnante, motivante.

Toutes les familles rencontrées étaient accueillantes et souriantes. J’ai visité 5 familles, elles vivaient toutes à 5 ou plus dans 5m² maximum. C’était propre, manifestement on attendait notre venue.

Systématiquement on nous a proposé LA chaise ou, pour les plus pauvres, LA couverture de la maison pour nous asseoir. Systématiquement on nous a proposé un chai (thé) ou pour les plus pauvres un verre d’eau. Quand on sait que ces familles doivent faire 30mn aller/30 mn retour pour aller chercher de l’eau au camion le matin à 6h et la ramener à bout de bras, nous avons mesuré l’importance du cadeau.

Les hommes ne veulent pas que les femmes travaillent. Mais ils mesurent l’importance que leurs enfants étudient. C’est un sacrifice car cela coûte 500 roupies / an /enfant (soit 8€). Un père nous a raconté qu’il gagne 100 rs / mois (1.6€/mois) pour faire vivre sa famille.

Une chose m’a énormément marqué. C’est l’importance du sacré. Dans toutes ces maisonnettes, minuscules il y avait systématiquement un mini-temple. Je n’arrive pas à comprendre encore comment ces personnes, si pauvres, peuvent mettre autant d’argent dans leur foi au détriment de certaines autres dépenses qui me semblent, dans mon référentiel, plus vitales.

Les enfants m’ont dit qu’ils étaient stressés car le 18 janvier, une petite fille de leur « slum » de 6 ans avait été kidnappée. On l’avait retrouvée…violée. On lui avait prélevé ses reins. On l’avait empapilloté dans un drap et jeté à la mer. Malaise… J’ai demandé ce que faisait la police ? On m’a répondu qu’ils étaient venu mater la grogne des habitants du slum a coup de bâton… Re-malaise…

Je me suis rendu compte que ces gamins avaient besoins pour survivre de vaccins et pilules pour stériliser l’eau. Ils ont aussi besoin pour s’éduquer de cahiers et de stylos.
Avec 1000€ on est capable de donner un goûter (lait+banane) a 80 enfants pendant 1 année scolaire entière
L’association et l’école avec qui je travaille ont cessés d’ »enrôler » les enfants dans le programme d’éducation car 80 enfants pour 1 prof et 3 bénévoles à temps plein, ca fait beaucoup, ca fait trop. Alors je me dis qu’en terme d’ »effet de levier » investir dans un prof supplémentaire serait exceptionnel.

Je pense que les 2 axes de développement de l’Inde les plus urgents sont :
1/ l’émancipation des petites filles
2/ l’éducation des enfants

En parlant de l’émancipation des petites filles, un papa nous a dit qu’il était déçu par sa fille qui avait raté son examen de 7éme, du coup il allait la marier…elle a 10 ans.

Voila, c’est tout, mais c’est déjà beaucoup.

Eric

Source de l’article ici

Et vous, profitez vous de votre expatriation pour vous investir dans de l’humanitaire ?
N’hésitez pas à réagir en commentaires !

 

  • http://www.lesideesenquestion.fr Helaili Laurence

    Une bien touchante histoire qui donne envie d’aider et de réagir.
    J’espère que cela encouragera les français dans le monde à s’impliquer comme Eric Valatini dans leurs pays d’accueil.
    En Irlande ou je vis, je me suis inscrite pour participer à des maraudes afin de distribuer de la nourriture aux sans-domicile fixe. Ce n’est qu’un exemple.
    Nous devrions tous trouver un peu de temps pour venir en aide aux autres, c’est une activité essentielle.