Tout quitter pour s’expatrier et vivre heureux au Brésil, à Paracuru !

Pour ceux qui suivent l’actualité de ce blog et de notre page facebook, Marc est le gagnant (ex-aequo avec Laurie) de notre jeu photo sur le thème des drapeaux (n’hésitez pas aller jeter un oeil sur sa très belle photo gagnante pour ceux qui ne l’ont pas vu).

On est en tout cas ravis qu’il ait gagné, car cela nous permet de partager avec vous son expérience atypique et courageuse d’expatriation

Tout quitter … recommencer une nouvelle vie … loin du stress… mais près du soleil … qui n’en a déjà pas secrètement rêvé ? Eux l’ont fait !… bravo !

  • Expat United : D’ou viens-tu ? Depuis combien de temps es-tu expatrié au Brésil ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Avec Michèle mon épouse et notre fils Grégoire, nous vivions sur la côte Normande et je travaillais au Centre des Congrès de Deauville.

Responsable de la restauration, j’y ai sévi pendant 11 ans et, je dois dire 11 années de bonheur où j’ai eu la chance entre autre de pouvoir approcher les grands de ce monde (politiques et chefs d’entreprises) et les plus grandes stars Françaises et Internationales. Un boulot passionnant mais très exigeant.

  • EU : Qu’est-ce qui t’a motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé?

L’été 2011, nous sommes venus au Brésil retrouver des amis qui y possèdent un restaurant et en profiter pour passer 3 semaines de vacances. Nous avons débarqué à Paracuru, dans l’Etat du Céara et, notre première impression a été d’effectuer un retour dans les années 70… nous n’étions pourtant qu’à 80 Km de la 5ème ville du Brésil (Fortaleza).
…Et, nous sommes tombés  sous le charme du lieu.

Paracuru est l´unique ville du Ceará en bord de mer, en plus de Fortaleza,  possédant 20 Km de côte avec des belles plages magnifiques et des immenses dunes. Mer de tons bleus et verts, plages de sable blanc et fin, dunes, récifs, chutes d´eau douce en bord de mer et des hautes vagues idéales pour la pratique de surf, kit surf et windsurf. (C’est un des spots de Kit surf les plus importants au monde).

De retour en France, nous avions tous les trois la même idée en tête…Pourquoi pas….
Moi, usé par mon travail et à 3 ans de la retraite, Michèle au chômage et Grégoire se posant des questions sur son avenir.  Unanimement, nous avons décidé de tout plaquer, et de vivre une nouvelle vie.

Depuis le 19 Janvier, nous sommes donc installés à Paracuru et, nous y avons réalisé notre rêve de toujours… nous avons ouvert une chambre et table d’hôtes. Petite entreprise qui commence à fonctionner et qui nous permet de faire découvrir la cuisine française aux Brésiliens et régaler les nombreux Expat’ sur place (qui sont très demandeurs).

  • EU : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ?

L’intégration dans le pays s’est faite assez facilement. Bien sûr, le premier obstacle a été la langue que nous ne maitrisions pas du tout. Pour y remédier, nous prenons des cours deux fois par semaine avec une Brésilienne professeur de Français dans un collège. Et, les progrès commencent à se faire sentir.
J’ai déjà obtenu mon visa permanent et, quand on est bien dans un endroit, tout est beaucoup plus facile. De plus, les Brésiliens sont en majorité sympas.

  • EU : Est-ce ta première expatriation ? 

C’est notre première expatriation à tous les trois. Enfin, pour moi ce n’est pas tout à fait la réalité. Mes grands-parents, dans leur jeune âge, se sont installés au Maroc. Mes parents sont nés au Maroc et je suis né au Maroc. Mais la plus grosse partie de ma vie s’est passée dans l’hexagone. Par contre nous avons pas mal bougé en France, à Paris et en province. On peut dire que nous étions des expatriés Parisiens. Et, l’intégration dans certaines provinces françaises n’est pas toujours aisée….

  • EU : 3 choses que tu adores dans ton pays d’expat ?

A Paracuru, la population prend le temps de vivre. Au début c’est difficile car nous étions sur un autre rythme. Mais dès que vous en prenez conscience, c’est « un pied » immense. Vous commencez à regarder, à vous assoir, à discuter…. Au fond, c’est très facile et, les choses se font quand même, plus lentement mais se font.

De temps en temps j’apprécierais un petit coup de fraicheur car 30° toute l’année c’est monotone. (Je plaisante bien sûr….. car j’entends déjà les cris outrés de mes compatriotes).

Et puis, ce qui est super sympa, c’est qu’il faut tout adapter à la culture de la population vivant dans la région. D’abord, son mode de vie, son alimentation, la façon d’appréhender les choses même si elles vous paraissent très simples.

  • EU : 3 choses que tu aimes moins dans ton pays d’expat ?

En parlant de culture au Brésil il n’existe pas de racisme de race, mais par contre le racisme social est très fort. C’est choquant d’entendre siffler (par exemple) un serveur sur la terrasse d’un café, pour lui demander de passer à sa table. J’ai pu constater qu’il n’y a pas de mélange de population, chacun restant avec les siens.

Pour continuer sur la culture, les enfants jusqu’au Bac n’ont que 4 heures de cours par jour. Ils sont divisés en trois groupes. Le premier commence à 7H00 du matin et le dernier termine à 22H00. Une enseignante m’a dit que la raison en était que le gouvernement n’avait pas les moyens de payer la cantine ainsi que la majorité des familles. Au niveau des familles, je suis d’accord, mais je reste perplexe sur cette explication. Mais d’un autre côté, j’ai entendu dire que les autorités préféraient donner un minimum d’éducation et laisser le peuple dans l’ignorance. La question est quand même à approfondir….  En tout état de cause, les enfants de riches ont droit aux écoles privées.

Ce qui est assez insupportable aussi  ce sont les files d’attente, à la banque, dans les administrations, dans les hôpitaux. Les gens peuvent attendre des heures, assis ou debout, sans réagir. C’est normal…. Personne ne manifeste son mécontentement. On attend son tour sagement. Par contre si vous avez un peu d’argent, des espèces par exemple, les choses se passent plus rapidement…

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ?

En tant qu’expat’, nous ne sommes pas confrontés à de grosses difficultés. Nous sommes des « gringos », mais assez bien acceptés par la population. Administrativement, il faut s’armer de patience, mais si les démarches sont effectuées dans le bon ordre et que vous avez tous les documents, vous ne rencontrez pas trop de problèmes. Je pense qu’il en est de même pour les étrangers vivant en France, en tout cas c’est ce que je dis à mes compatriotes qui pestent devant la lenteur de la bureaucratie et ses complications. Il faut quand même bien se dire que nous vivons chez eux, qu’ils ont des lois, des procédures, une culture et …..que nous devons nous adapter et surtout, ce qui est plus difficile, ne pas faire de comparaisons avec son pays d’origine.

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ? 

Nous avons fait quelques travaux dans la maison que nous avions achetée avant notre arrivée définitive en Brésil. Et, à mon grand étonnement, les ouvriers pendant trois mois ont travaillé en tongues. Pas de chaussures de sécurité, pas de casque sur les échafaudages. S’il leur manque un outil, ils se le fabriquent avec quelques morceaux de bois. Pas de tractopelle pour creuser un trou, la pelle suffit, pas de transpalette pour décharger un camion, les briques sont entassées à main nues une à une. C’est étonnant et époustouflant. Je vais faire une comparaison, je suis désolé, mais je me disais que si on imposait aux ouvriers Français de travailler dans ses conditions et sous la chaleur, nous aurions des piquets de grève dans le bâtiment.

  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

La France est un pays magnifique et, je serais très heureux d’y retourner de temps en temps pour apprécier encore plus sa diversité et retrouver certains produits qui nous manquent ici tel que le veau. En effet au Céara, on ne tue pas les animaux en bas âge.
Maintenant, nous commençons à trouver un peu de tout, même du camembert. Seulement les prix restent exorbitants. Je crois que la bouffe est un mal du Français vivant à l’étranger.

Coté spécialités locales, beaucoup de poissons bien sûr, crevettes, langoustes, certains morceaux de viande sont extrêmement tendres. Beaucoup de haricots et de riz, ce qui constitue la base de la culture culinaire ici. La majorité des fruits sont succulents, les ananas, les mangues…Le plat que j’apprécie le plus reste la feijão verde.

  • EU : Plutôt des amis français, brésiliens, expatriés internationaux ? Les brésiliens sont-ils sympas / accueillants?

Ici, entre Expat’s, nous nous fréquentons pas mal, surtout qu’avec la table d’hôtes nous avons l’honneur et  la chance de les avoir comme clients. Le Brésilien est loin d’être envahissant, il est très chaleureux, mais s’il ne vous connait pas il va vous ignorer, mais je pense plus par timidité. Sinon, les rapports sont super sympas et une fois la barrière franchie, il devient curieux sur ce que vous êtes  et les échanges deviennent faciles.  Remarquez, la réciprocité est vraie.

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le plus de France ?

En France, j’adore flâner dans les librairies et, tomber sur le charme d’un livre, d’un auteur, d’un titre…Chose que je ne peux pas encore réaliser au Brésil ne maitrisant pas encore, et loin de là, toutes les subtilités de la langue et sa richesse. Alors je m’arrête sur le journal du jour ce qui est déjà pas mal.

De temps en temps j’ai envie d’une petite moule frites, d’une blanquette de veau ou d’un navarin d’agneau. (Et oui….encore la bouffe).

Sinon pas grand-chose d’autres…..la famille et certains amis, bien sur, mais ils nous ont assuré de faire le déplacement. Et puis nous vivons dans un pays de rêve….

  • EU : Les 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Par contre les choses qui me manquent le moins se définissent en trois mots : la crise, les péages d’autoroutes, ma feuille d’impôt…..Rassurez-vous…..il y en a d’autres, mais la liste serait longue :-)

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? De faire un autre pays d’expatriation ?

Nous voyons notre avenir ici, pour quelques années, n’oubliez pas que nous venons d’arriver…. Un petit voyage une fois par an en France me satisferait pour embrasser la famille et les copains.

Nous sommes venus au Brésil pour vivre tranquillement et, pas pour faire fortune. Notre travail  doit nous permettre de satisfaire nos besoins et, au soleil les besoins sont minimes.

  • EU : Depuis quand es-tu inscrit sur www.expatunited.com ? Que cela t’ a t’il apporté ?

Je me suis inscrit sur le site www.expatunited.com depuis le mois de Février. J’ai découvert le site en cherchant sur internet une réponse sur un sujet bien précis. Outre le fait que j’ai eu ma réponse, je me suis rendu compte que je n’étais pas tout seul dans mon coin et que je pouvais avoir une communauté avec moi. C’est rassurant.

J’ai de plus très envie d’échanger des idées, des expériences pas seulement devant un écran mais peut être aussi autour d’une caipirinha. Le monde me fascine et de converser avec une personne à l’autre bout du monde qui vit la même expérience que moi avec un environnement différent c’est quand même extraordinaire.

Je consulte régulièrement les RDV de l’expatriation. D’ailleurs j’ai mis un lien sur Facebook pour être informé des derniers sujets.

Par contre je trouve que nous ne sommes pas assez d’inscrits sur le site. Je suis sûr qu’il y a de nombreux expatriés, riches en expérience, qui ne connaissent pas Expat United. Alors, et là je m’adresse aux inscrits, n’hésitez pas à le faire connaitre, il peut apporter le plus qu’il manque à certains ou de faire savoir son savoir-faire. Je tiens à vous dire qu’expatunited ne me paye pas pour vous dire cela, c’est gratuit et sincère. (ndlr : Merci Marc, on rougit ! :-) )

  • EU : Que dirais-tu aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans ton pays ? Des conseils ?

Ainsi, si je vous ai donné envie de venir me rejoindre au Brésil, n’hésitez pas, je suis tout ouïe. Le Brésil est  fantastique, avec une diversité de culture incroyable. Ce pays est quand même la 6° puissance économique mondiale et, je suis certain que nous apportons le petit grain de sable qui contribue à sa richesse et à l’ouverture sur l’extérieur.

Là je m’adresse aux futurs expatriés, dites-vous bien que nous ne sommes pas des colons (malheureusement j’ai pu constater que certaines personnes agissent de la sorte surtout dans les pays émergents). Nous ne sommes pas chez nous, on nous accepte. Et, se fondre dans la vie locale c’est un tel bonheur…

 

Alors, des envies de partir vous trottent dans la tête après cette lecture ? Où iriez vous si vous deviez tout quitter ? :-)

Si vous souhaitez retrouver Marc sur Expat United, cliquez par ici !
Et si l’envie vous prend de vous évader dans leur petit paradis, je pense qu’ils seront ravis de vous accueillir dans leur « Chabadabada »

Et si vous souhaitez voyager dans d’autres pays au travers toutes nos interviews, cliquez par  ! :-)

Enfin, n’hésitez pas à laisser vos impressions et commentaires ci-dessous sur cette interview, ça fait toujours plaisir …!! :-D

  • http://liviub@ive.fr liviu

    Parler d’une telle manière d’un pays d’accueil, c’est très chouette, surtout de paracuru.
    C’a m’aide bcp pour avancer et à comprendre la vie au soleil. Les gens sont tellement different et il est importent de comprendre leur mode de fonctionnement et d’être