Benoit … ou comment profiter de la « VIE » au Maroc !

Une fois n’est pas coutume, pour notre série d’interviews, nous n’accueillons pas un gagnant du jeu photo … non, aujourd’hui… nous avons envie de vous faire découvrir le parcours très intéressant d’un des tout premiers membres du site Expat United, qui plus est fort sympathique !
Il s’agit de Benoit, un jeune homme de 26 ans originaire de Caen en Basse-Normandie (fief du Calva et du Camembert).

Benoit vous ouvre les portes de sa vie d’expat… vous saurez tout sur son VIE et sur son pays d’accueil, le Maroc…. et après ça nous pensons même que vous aurez envie d’un bon tajine (en tout cas nous oui ! :-) )

  • Expat United : Peux-tu te présenter ? Depuis combien de temps es-tu expatrié au Maroc ? Quelle est ton activité ? ton parcours professionnel ?

Cela fait maintenant 1 an que je vis au Maroc, plus précisément à Casablanca dans le quartier Mers-Sultant en centre-ville.

Je suis chargé d’affaire dans le domaine des SIG (Systèmes d’Information Géographique) pour le compte d’une société française. J’ai fais un Master en Marketing/Vente à l’EMN (Ecole de management de Normandie) qui justement par sa formation généraliste permet d’accéder à différents postes. En troisième année je suis parti à Vancouver passer un Bachelor en management en tourisme (une expérience et une méthode de travail hors du commun et exceptionnelle).

J’ai effectué mon stage de fin d’étude dans une Start-up appelé SMARTVISITE (services web) dans laquelle je suis resté plus d’un an. Ayant une furieuse envie de repartir à l’aventure, j’ai trouvé le poste que j’occupe actuellement en contrat de VIE (Volontariat International en Entreprise). Ce type de contrat permet aux jeunes diplômés de trouver un poste à responsabilité à l’étranger.

  • Expat United : Qu’est-ce qui t’as motivé à partir ? Départ à l’aventure ou bien préparé ?

Lorsque j’ai arrêté de travailler pour SMARTVISITE, j’ai passé beaucoup de temps à chercher du travail en France et je me suis confronté à le dure réalité de la recherche d’emploi en temps que jeune diplômé. Je me suis rendu compte qu’on ne donne malheureusement pas la chance aux jeunes à moins d’accepter des conditions qui ne sont pas à la hauteur des postes proposés. On demande à ces jeunes des années d’expériences, mais comment acquérir cette expérience si on ne leur en donne pas. Je me suis dis que quitte à avoir des difficultés à trouver, autant le faire pour l’étranger. Mais le problème majeur quand on est jeune est de trouver le financement pour partir…

C’est alors que je suis tombé sur le VIE, afin d’allier voyage et travail. De plus, beaucoup d’avantages accompagnent ce contrat (exonération d’impôts, défraiement, assurance et sécurité sociale….). Lorsque j’ai été pris, je n’ai pas réfléchi, j’ai tout laissé derrière moi et je suis parti seul avec une seule valise.

Le Maroc n’était la destination à laquelle je m’attendais, mais je ne regrette pas du tout d’être ici ! Je me rends compte qu’en étant parti ainsi, à l’aveuglette, permet de mieux découvrir le pays car auparavant je ne m’étais quasiment pas renseigné sur le pays donc je découvre tout en « temps réel ».

  • Expat United : Comment s’est passé l’intégration dans ton pays ? 

Au début (la première semaine), ce fut un peu difficile car personne n’était là pour m’accueillir, ou pour me donner des indications. De plus c’est un choc culturel et il faut s’y préparer. Personnellement il m’a fallu très peu de temps car j’ai souvent vécu dans différents pays, dont je vous parlerai plus tard, mais c’était la première fois que javais éprouvé une difficulté au début. On n’est jamais vraiment préparé à voir autant de pauvreté et de mendicité (beaucoup de jeunes et très jeunes). Tout ça s’efface au fur et à mesure qu’on découvre le pays car on se rend aussi compte que des gens vivent avec très peu mais vivent heureux.

Après cette semaine là, j’ai rencontré d’autres jeunes français dont un qui n’a pas hésité à m’héberger, ce qui a nettement facilité les choses. Très vite, je me suis fais un cercle d’amis et les choses sont devenues moins compliquées. Je conseille à toute personne qui souhaite venir vivre ici de prendre contact avec d’autres expats par anticipation.

Les plus grandes difficultés étaient les formalités administratives car on ne sait jamais où aller… et même lorsqu’on trouve le bon bâtiment, nous ne trouvons pas la bonne personne et il faut prévoir beaucoup de temps.

Pour tout le reste, c’est comme tout, on s’adapte mais il ne faut pas être impatient. Il faut même faire preuve de beaucoup de patience. Finalement on trouve tout ce qu’on connaissait avant mais d’une autre façon et, une fois qu’on est au Maroc, il est difficile d’en repartir. Le Maroc à beaucoup à offrir, tant au niveau professionnel que personnel alors si vous avez l’occasion de venir ici, n’hésitez plus.

  • Expat United : Est-ce ta première expatriation ?

Au niveau professionnel, oui en effet c’est la première fois que je pars pour mon travail. Sinon, lorsque j’étais plus jeune, j’ai vécu 10 ans en Norvège et 2 ans en Hongrie. Ce fut très enrichissant car j’ai ainsi appris le Norvégien, l’anglais et………..non, pas le Hongrois ! (très compliqué malheureusement).

  • EU : 3 choses que tu adores dans votre pays d’expat ?

La nourriture ! Entre le couscous le vendredi, les tajines succulents et les fruits et légumes extraordinaires, ils n’ont rien à nous envier (peut-être juste le cochon mais ça on comprend).

Le folklore local… on a toujours l’impression de partir à l’aventure quand on part en week-end, lorsqu’on va dans les médina, lorsque l’on conduit….

La météo et le paysage. Il fait très beau quasiment toute l’année, on profite des plages, on fait du surf, du kitesurf et l’hiver dernier on a même fait du snowboard à la montagne. Ce n’est pas la première chose qu’on se dit quand on arrive au Maroc: « Moi au Maroc je vais faire des sports d’hiver ». Sans photos, on a du mal à vous croire.

  • EU : 3 choses que tu détestes dans ton pays d’expat ?

Les klaxons perpétuels ! A Casablanca, ils ont une culture du klaxon qui est infernale, ils klaxonnent pour rien, même quand le feu est rouge….très difficile de s’y faire.

L’administration, comme j’ai pu le dire auparavant. Notamment pour la carte de séjour, c’est très long et il faut aller dans plusieurs locaux qui ne sont jamais au même endroit.

La corruption, mais je ne sais pas si je la déteste car elle fait partie de la culture. C’est vrai qu’on est toujours obligé de débourser de l’argent si on veut quelque chose. Le côté que je déteste, c’est qu’elle est présente dans toutes les couches de la société, et cela empêche donc le pays de se développer plus rapidement.

  • EU : A quelles difficultés es-tu le plus confronté ?

Les difficultés étaient surtout administratives, il faut faire légaliser les papiers, puis faire des copies, les emmener à la préfecture….C’est très long. Ensuite, j’ai eu de la chance de ne pas vraiment éprouver de grandes difficultés.

Peut-être aussi la lenteur professionnelle de certains marocains. Ils ont un tout autre rythme de travail mais ça fait partie de leur culture et c’est vrai que quand on fait des affaires, il ne faut pas être pressé. Beaucoup de pauses café, au café du coin. Il faut savoir que la majorité des contrats ne se signent pas dans l’enceinte des entreprises.

Je ne pense pas que ce soit des difficultés car lorsque nous partons quelque part, on le choisit et c’est à nous de nous adapter au pays et non pas l’inverse, donc je ne pourrais pas me plaindre.

  • EU : Un fait marquant à nous raconter ?

L’hiver dernier, nous sommes donc partis à la montagne un weekend pour faire du snowboard à l’Oukamiden non loin de Marrakech. C’était vraiment extraordinaire, il faisait chaud et on faisait du snowboard entouré d’un paysage magnifique. Certains montaient même à dos d’âne au lieu de prendre le tire-fesse. Le soir, nous avions des tajines préparés autour d’un feu de cheminé.

Le lendemain, plus précisément le soir, nous descendons des pistes, nous rentrons dans la voiture et là… c’est le drame !….elle ne démarre plus. Pas de problème, nous sommes au milieu de nul part avec une voiture bourré d’électronique. On demande aux gens s’ils ne connaissent pas un mécanicien. D’un coup, une personne nous dit de la suivre, et nous somme partis sur les pistes à la rencontre d’un mécano qui faisait du ski. Rien à faire, la voiture ne démarre pas et ils n’ont pas les pièces. Nous appelons alors une dépanneuse à qui nous précisons qu’on a un 4X4 de 2 tonnes et qu’il nous faut une dépanneuse avec un plateau.

Que voyons nous arriver au loin ? Une dépanneuse, plus petite que notre voiture….alors on commence à leur dire que ce n’est pas possible, mais les 2 dépanneurs nous disent « pas de problème »….Il faut savoir que les marocains ne disent jamais non même quand ils le pensent très fort ! Donc ils nous sortent une grande barre en fer pour nous remorquer. On se dit qu’il est tard et que c’est la seule solution car on travaille le lendemain. L’un des dépanneurs prend le volant de notre 4X4 et on lui demande : «Vous avez le permis de conduire »… et lui nous répond «Non, j’ai l’habitude…. »

Nous roulions sur des sentiers minuscules avec le vide à notre droite sans barrière. Je vous laisse imaginer qu’on stressait un peu. Notre roue tournait parfois dans le vide lorsqu’il prenait des virages trop serrés. Puis bien entendu, le dépanneur qui n’avait pas le permis se met à fumer du kiff…..c’était la totale ! mais finalement ça a pimenté notre séjour et c’était vraiment incroyable.

C’est pour vous montrer le folklore local.


  • EU : Côté culinaire ? La France te manque ? Quelle est ta spécialité locale préférée ?

Côté culinaire, la France me manque un peu mais il faut dire que, si nous le souhaitons, nous pouvons retrouver beaucoup de produits français (faut juste y mettre le prix … donc on mange local). Les produits marocains sont excellents donc il faut en profiter.
Ma spécialité locale préférée est le tajine aux pruneaux, il est vraiment divin.

  • EU : Plutôt des amis français, marocains …? les marocains sont-ils sympas et accueillants ?

La majorité de mes amis sont français car j’ai remarqué qu’il est assez difficile de se lier d’amitié avec les marocains. On en rencontre en soirée ou autre mais il est vrai qu’on se perd très vite de vue, ce que je trouve très dommage. Les amis marocains, je peux les compter sur les doigts d’une main.

Les Marocains sont très gentils en général et très accueillants. Ils vous offrent volontiers leur aide (souvent moyennant un petit dédommagement mais plutôt symbolique). Notre femme de ménage, par exemple, avec qui nous nous sommes liés d’amitié, nous avait invité à la fête de fin du Ramadan, à laquelle malheureusement nous n’avions pu assister, mais cela fait chaud au cœur. C’est un exemple parmi tant d’autres.

  • EU : 3 choses qui te manquent le plus de France ?

Cela risque d’être très classique:

Le fromage et la charcuterie (comme vous pouvez l’imaginer, on a pas de porc ici)

Les terrasses des bars pour simplement prendre un petit verre au soleil (ici seuls les cafés ont une terrasse)

La circulation « tranquille » des voitures.

  • EU : 3 choses qui te manquent le moins de France ?

Le fait que ce soit beaucoup trop structuré, ordonné à tel point qu’on n’a plus de liberté de mouvement et que l’on se sent surveillé à longueur de temps.

La société de consommation, qui est telle qu’elle en devient ridicule. On nous matraque avec des publicités à longueur de temps, de la maison au boulot, en passant par le métro.

On garde le meilleur pour la fin: Le fait de se plaindre. On dirait que c’est dans notre culture de se plaindre. En venant ici et en voyant des personnes vivre dans la misère tout en étant heureux, je me suis rendu compte qu’ils ont peut-être du retard dans quelques aspects, au niveau technologique, académique ou dans les infrastructures… mais nous, en France, nous avons du retard dans l’apprentissage de la vie, celle qui compte vraiment et non pas le dernier bijou technologique.

  • EU : Les projets pour l’avenir ? Envie de rentrer en France ? de faire un autre pays d’expatriation ?

J’ai pour projet de continuer à voyager tout en pensant à ma carrière afin de trouver l’endroit idéal où je pourrais m’installer et monter mon entreprise. Je ne souhaite pas rentrer en France, sauf de temps en temps pour voir ma famille, car mon passé m’a montré qu’il n’y a pas d’avenir pour moi là bas et que mes ambitions vont plus loin que métro, boulot, dodo.

  • EU : Depuis quand es-tu inscrit sur Expat United ? que cela t’a t’il apporté ?

J’y suis inscrit depuis le début presque. Ça m’a apporté beaucoup d’information sur des pays dont je ne connaissais quasiment rien, et sur d’autres expériences d’expatriés. C’est intéressant de pouvoir partager avec d’autres des expériences exceptionnelles. Ce site nous permet justement d’anticiper des futurs projets d’expatriation et permet de rassurer les personnes qui ne sont jamais parties vivre à l’étranger. J’ai eu beaucoup de réponses sur certains pays dans lesquels je m’imaginais peut-être partir.

  • EU : Que diriez-vous aux personnes qui ont envie de venir tenter l’aventure dans votre pays ?

Je leur dirais de ne pas hésiter mais de faire attention tout de même. Il ne faut pas vous isoler, il faut rencontrer du monde, sortir et découvrir le pays. Il existe beaucoup d’opportunités et il fait très bon vivre. Il faut par contre faire attention aux idées reçues car malgré le fait que le Maroc est un pays en voie de développement, les loyers sont relativement chers dans les grandes villes.

N’hésitez pas à contacter des expatriés sur place car ils sauront vous aider. De plus les marocains sont très serviables et vous aideront moyennant une petite compensation (pas toujours mais fréquemment).

Je souhaiterais aussi clarifier une chose : Bien qu’il y ait eu une attaque contre un café à Marrakech, il ne faut pas craindre le terrorisme car il est peu présent et il existe moins de risques ici qu’en France par exemple. Les médias sont maladroits car ils font du sensationnel. Personne ici n’a peur et on ne ressent pas de malaise ou de méfiance.
La vie suit son cours et elle est belle !

Merci Benoit et excellente continuation pour tes projets futurs !

Pour retrouver Benoit sur Expat United, c’est par ici !
Et pour retrouver toute notre série d’interviews d’expats, c’est par ici !

  • http://inspiringwomenblessing.wordpress.com theflyingpenwriter

    Ca m’a rappele des bons souvenirs du Maroc – J’adore voyager avec ces interviews, c’est vraiment une tres bonne idee!
    merci a Benoit d’avoir partage son experience avec nous et a Florence et l’equipe d’Expat United pour tous ses efforts et un super blog!